Le danmyé, l’art martial créole
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  • Film de Narinderpal Singh Chandok
  • Durée : 52 min - 2014 - France
  • Volume 11 de la collection "Le tour du monde des arts martiaux". Contrairement à de nombreux documentaires qui font état des techniques des arts martiaux, les films de la collection "Le tour du monde des arts martiaux" situent ces sports dans leur contexte socio-culturel, à la recherche des liens qui les unissent à la culture du continent et du pays qui les a vus naître.


    Premier art martial martiniquais, le danmyé ou ladja est né du choc de la rencontre de deux mondes. Les esclaves venus du Sénégal, transitant par l’île de Gorée, ont crée un art de combat inspiré de la cérémonie initiatique le "n’golo", qui symbolisait le passage du monde de l’adolescence au monde adulte sous la forme d’une lutte. La principale source d’inspiration est sans conteste le làmb (lutte sénégalaise). Les combats avaient lieu au cours des fêtes patronales ou au cours de combats "arrêtés". Cependant, après la départementalisation en 1947, des décrets municipaux interdirent la pratique du danmyé. Les combats étaient bien réels, les coups portés et ces rencontres servaient de prétextes à des règlements de comptes. La montée en puissance des groupes folkloriques durant les années 60, avec notamment le ballet martiniquais, a remis au goût du jour ce sport de combat au cours de joutes chorégraphiées. Avec les années 70 et l’émergence des mouvements indépendantistes, le phénomène a pris de l’ampleur, au point de devenir de plus en plus concret. De nos jours, des associations culturelles travaillent pour réactualiser les connaissances autour de cette activité. Le danmyé ou danse martiale ne s’est développé qu’à la Martinique. Il se pratique au rythme du tambour et des ti-bwa à l’intérieur d’un cercle formé par les spectateurs. Un chanteur excite les combattants par des paroles en faveur de la lutte. Il existe divers lieux de pratique en Martinique pour des soirées "bèlè". Traditionnellement, la soirée commence par des combats de danmyé, puis le bèlè prend la relève et une véritable communion se poursuit toute la nuit. Enfin, la soirée se termine au lever du jour par le "ting-bang."