L’Exil et le Royaume
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  • Film de Jonathan Le Fourn, Andreï Schtakleff
  • Durée : 127 min - France
  •  “Entre nuit et faux jour, invisible et visible, le film travaille sur un scandale : on n'y voit pas le sujet. Ou mal, ou peu. Qu'on ne compte pas sur le film pour faire des exposés -au sens propre. Ce qui met le film en mouvement, ce sont quelques personnes , qui, chacune à sa manière, ont décidé de partager la nuit des clandestins pour la combattre.


    Soit, mais ce n'est pas la singularité majeure du film. Car ce qu'il tente, c'est de constituer aux migrants et aux activistes qui les côtoient une histoire commune. Une Histoire de France qui serait prise dans celle du monde, et qui parviendrait à relier l'image scolaire des "Bourgeois de Calais" aux traques policières, qui saurait joindre plutôt que séparer les pays, réduire les distances et subvertir le temps. Car le temps ici, est composé de plusieurs temps. C'est ainsi que vivent et agissent les personnages du film, activistes et migrants. Ces nuits et ces marches épuisantes, ces sous-sols et ces caches, ces ombres et ces cris sont le lieu / temps d'une longue histoire : celle qui met les êtres en mouvement. L'histoire des guerres, des révolutions, des combats, des migrations, des exils et des survies obstinées. L'histoire d'une aspiration à la liberté et au bonheur qui reste subversive. 


    Et l'histoire d'un danger commun : l'oubli. La non-histoire. L'éternel présent des dominations qui recommencent tous les matins sur les ruines de la veille.”


    Extrait de « Du désordre dans le décor » de Marie-Pierre Duhamel Muller


    Présenté à la 65ème Mostra de Venise (2008)